Exposed Wounds: The Photographic Autopathographies of Hannah Wilke and Jo Spence

Tamar Tembeck

Abstract


Résumé

L’article s’intéresse aux autopathographies produites par Hannah Wilke et par Jo Spence inspirées par la lutte qu’elles ont toutes deux menée contre le cancer dans les années 80 et au début des années 90. Les deux artistes se sont tournées vers l’autopathographie pour réinventer leurs propres images corporelles, ainsi que l’image sociale de leur maladie. En examinant de près leurs productions, l’article décrit les strategies esthétiques et politiques qu’elles emploient pour transmettre leur expérience. Wilke transforme activement son vécu souffrant en l’image d’un exosquelette blessé, où des marques réelles, ainsi que des signes construits autour de sa douleur, sont exhibés sur son corps et par lui. Par cette transformation, l’artiste parvient à exprimer une position critique face aux préjugés culturels qui sont rattachés à (l’image de) sa maladie. Spence, pour sa part, crée une dialectique visuelle du sujet malade, où son image ne peut facilement être réduite aux statuts extrêmes de « victime » ou d’« héroïne ». L’image du sujet qui en émerge demeure dynamique et complexe, et échappe aux stéréotypes préjudiciaux. L’article se penche également sur la dimension performative impliquée dans toute autoreprésentation, et, plus précisément, dans les objets culturels liés à la maladie tels que les talismans et les ex-voto, qui sont décrits par Thierry Davila comme étant des « formes agissantes ». Les oeuvres de Wilke et Spence nous portent à réfléchir sur la lourde responsabilité qu’il nous faut assumer face aux oeuvres pathographiques et aux images de la souffrance.


Keywords


Art & medicine; Self-portraiture; Photography

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