Procédures d'initialité dans la littérature du Graal.

  • Francis Dubost

Résumé

Dire que la littérature médiévale dans son ensemble présente un caractère topique nettement affirmé serait commencer par le plus banal des topoi, mais cette mauvaise ouverture m'amènerait du moins à signaler l’existence d'une abondante littérature critique sur la question. Le pionnier en la matière fut certainement Ernst Robert Curtius, qui traite le « topos », comme un « lieu » thématique et non plus comme le « lieu » logique d'Aristote. Dans son ouvrage monumental La littérature européenne et le Moyen Age latin, il consacre une section à la topique de l'exorde, et pourrait donc à ce titre représenter pour nous une référence importante. Il faudrait citer également, parmi beaucoup d'autres, les travaux de Jean Frappier sur le don contraignant, que Philippe Ménard appelle plus justement don en blanc, ceux de Jean-Charles Payen sur le motif du repentir et le déplacement des topoi, ceux de Paul Zumthor sur la constitution de modèles conceptuels, poétiques ou narratifs[1].

 Dans un ensemble où le topos est partout, il fallait donc trouver un moyen de limiter la recherche. J'ai choisi un corpus centré autour du Graal, thème topique par excellence. En fait, le jeu des ramifications et des interférences topiques m'entraînera souvent hors du champ initialement retenu.


[1] Paul Zumthor, Essai de poétique médiévale ; id., « Topique et tradition » ; Jean-Charles Payen, Le motif du repentir dans la littérature française médiévale (des origines à 1230) ; id., Littérature française. Le Moyen Âge, chap. VII, « Topoï littéraires et mentalités ». Voir en outre diverses études particulières : Pierre-Yves Badel, Introduction à la vie littéraire au Moyen Âge ; Jean Frappier, « Le motif du don contraignant dans la littérature du Moyen Âge » ; Philippe Ménard, « Le don en blanc qui lie le donateur : réflexions sur un motif de conte » ; Alexandre Micha, « Le mari jaloux dans la littérature romanesque des XIIe et XIIIe siècles » ; id., « L'épreuve de l'épée dans la littérature française du Moyen Âge » ; Joël Grisward, « Le motif de l'épée jetée au lac : la mort d'Arthur et la mort de Batradz » ; Jean Rychner « Le prologue du Chevalier de la charrette et l'interprétation du roman » ; Pierre Jonin, « La partie d'échecs dans l'épopée » ; M. Gsteiger, « Note sur les préambules des chansons de geste ».

 

Publié-e
2016-08-18